Sur un site occupé dès l'époque gallo-romaine (monnaies, fragments de tuiles et de sigillées trouvés lors des fouilles) est rebâtie, dès le Xème siècle, une importante forteresse médiévale.
Détruite en 1478, lors des guerres entre la France et les Etats Bourguignons, elle fait place, dès 1540 au « palais de Boussu, la plus belle demeure qu'on puisse voir en tous les Pays-Bas, une demeure digne d'un roi, ... » (Guichardin) dont l'architecte est le montois Jacques Du Broeucq et le commanditaire Jean de Hennin-Liétard, premier comte de Boussu, Grand Ecuyer de l'Empereur Charles Quint.
Visité successivement par Charles-Quint (en 1545 et 1554), Philippe II (en 1549 et 1558), Louis XIV (qui y fête son anniversaire en 1655) ou Guillaume III (1676), il est progressivement détruit par les nombreuses guerres qui émaillent les seizième et dix-septième siècles.
En 1810, totalement ruiné, il est démoli, à l'exception du châtelet d'entrée restauré par le comte de Caraman.
Durant la deuxième guerre mondiale, il est occupé par la Luftwaffe qui y installe un important dépôt de munitions, dynamité le 2 septembre 1944.
Devenu propriété communale en 1989, il est donné en gestion à l'A.S.B.L. « Gy Seray Boussu » qui y entreprend un long travail de mise en valeur.
« Œuvre célèbre à cause de sa rare architecture » (Guichardin), le château de Boussu était constitué d'un bâtiment en carré de cent mètres de côté, relié à un châtelet d'entrée par une galerie, et comportait des écuries pouvant accueillir trois cents chevaux.
Premier château homogène de style Renaissance construit au nord de la Loire, il est la synthèse accomplie des deux grands courants de la Renaissance : le classicisme romain et le maniérisme de l'Ecole de Fontainebleau.
Sa décoration intérieure, d'une rare somptuosité, provenant d'ateliers régionaux mais également français et italiens, faisait l'émerveillement de ses contemporains.
Gaspar de Vega, architecte de Philippe II d'Espagne, rapporte au roi qu'il s'agit de l'édifice le mieux traité et le mieux travaillé qu'il a vu au cours d'un voyage à travers la France, les anciens Pays-Bas et l'Angleterre.
De la lignée des grands châteaux-résidences, son importance lui a permis de servir de modèle-clef à de nombreuses résidences seigneuriales construites à cette époque, tant dans les Pays-Bas qu'en France et en Espagne notamment.
Durant onze ans (1991 - 2002), des fouilles archéologiques ont permis la découverte de murs en place construits avec soin et l'utilisation de matériaux de choix illustrant à souhait la qualité architecturale des bâtiments.
Caryatides en pierre blanche d'Avesnes, éléments de cheminées monumentales en gré, majoliques, fragments de statue à l'Antique, fenêtres sculptées ... mais également les bases d'un escalier à double rampe donnant accès aux différents niveaux, une aire de défense (barbacane) ou encore un chemin pavé médiéval démontrent le grand intérêt du site.
A tous ces témoins s'ajoutent les vaisselles, dont la verrerie fine dite de Venise, des carreaux de majoliques des ateliers anversois, des fragments de vitraux ainsi que différentes monnaies et médailles, de la bijouterie, notamment en or, et des objets plus rares, tels que plomb de bulle papale, plombs de marchands, plaquette en ivoire sculptée, fragments d'œuvres en terre cuite, dé, cadran solaire, ...
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Aujourd'hui, le seul élément conservé en élévation est constitué de la ruine du châtelet qui revêt donc une importance particulière de témoin comme unique vestige du prestigieux palais de la Renaissance.
L'élément le plus remarquable de la façade principale est l'arc de triomphe en pierre situé en son centre.
Son motif, une travée alternée à ordre majeur toscan, à bossages rustiques et en pointe de diamant dans la frise, comprend, dans les trumeaux latéraux, deux grandes niches surmontées chacune d'un oculus sur piédouche.
Au-dessus de l'arcade dont le linteau clavé est constitué de pierres à bossage, on remarque les fentes étroites permettant de faire passer les chaînes d'un pont-levis. Dans le passage, on observe les traces d'une voûte aujourd'hui détruite. De part et d'autre, deux puissantes tours en brique de cinq niveaux, avec chaînages d'angle de pierre à bossages rustiques et corniche à modillons sculptés sur bandeau, se présentent comme des tours d'artillerie.
A l'arrière, la galerie à moellons de gré est percées de canonnières renaissantes.
Ces ruines sont classées patrimoine exceptionnel de la Région Wallonne par arrêté du 25 juillet 1996.
Ces ruines et ce site archéologique sont implantés dans un écrin de verdure de douze hectares reprenant le plan du parc romantique à l'Anglaise réalisé sous Maurice de Caraman (1769 - 1835), dernier comte de Boussu.
Ce parc restauré grâce à des fonds de la commune de Boussu et du Fonds du Gaz Naturel de la Fondation Roi Baudouin est accessible, gratuitement, sept jours sur sept, du 1er mars au 31 octobre.
On peut y découvrir des arbres majestueux plus que centenaires (hêtre pourpre, marronnier, chêne, tilleul, platane à feuilles d'érable, ...), une intéressante zone humide, un pavillon d'observation avec terrasse et un parcours nature permettant la découverte de la faune et de la flore de la vallée de la Haine.
Ce site, ces ruines de qualité veulent revivre !
Un projet existe !
Restauré, le châtelet d'entrée du XVIème siècle pourrait accueillir un musée de site, un centre de documentation et une bibliothèque sur l'art de la Renaissance en Europe du nord ainsi que des salles conçues pour abriter des expositions temporaires.
Savant mélange de structures restaurées de la Renaissance et d'architecture contemporaine, le château de Boussu deviendrait un lieu privilégié du tourisme culturel en Wallonie.